
Ces combats surviennent alors que la situation se dégrade à la fois dans l’Ouest et à Abidjan où le camp Gbagbo affronte un groupe armé dans le quartier pro-Ouattara.
Des échanges de tirs ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi dans la capitale politique ivoirienne Yamoussoukro (centre), entre forces de l’ordre fidèles au président sortant Laurent Gbagbo et habitants d’un quartier favorable à Alassane Ouattara, selon des témoins. Des patrouilles des Forces de défense et de sécurité (FDS) loyales à Laurent Gbagbo ont essuyé des tirs durant la nuit dans le quartier de Dioulabougou. S’en sont suivis des échanges de tirs jusqu’aux environs de 7h (heure locale), ont indiqué à l’AFP une source FDS et des habitants.
« En alerte »
Un journaliste local a précisé à l’AFP que des tirs sporadiques étaient toujours entendus vers 8h. Dans la banlieue de Yamoussoukro, l’école militaire de Zambakro était vendredi matin « en alerte » après ces incidents, a affirmé une source au sein de l’institution. Capitale politique fondée par le « père de la nation » Félix Houphouët-Boigny (premier président de 1960 à 1993), Yamoussoukro abrite le « com-théâtre », le centre des opérations des FDS. Une série d’incidents opposant FDS et partisans d’Alassane Ouattara, reconnu président élu par l’ONU et la communauté internationale, ont eu lieu depuis l’éclatement de la crise née de la présidentielle de novembre. Ces échanges de tirs surviennent alors que la
situation se dégrade à la fois dans l’Ouest, avec des combats entre FDS et ex-rebelles alliés à Alassane Ouattara jeudi, et dans la capitale économique Abidjan où le camp Gbagbo affronte un groupe armé dans le quartier pro-Ouattara d’Abobo.
Utilisation de a force « sous l’égide de l’Onu »
Hier, le ministre nigérian des Affaires étrangères Odein Ajumogobia a déclaré que toute action militaire pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir en Côte d’Ivoire doit être placée « sous l’égide de l’Onu ».
Le Nigeria préside actuellement la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO).
La CEDEAO a menacé de recourir à la force si Laurent Gbagbo refuse de laisser le pouvoir à Alassane Ouattara, reconnu par la quasi-totalité de la communauté internationale comme le président élu légitime.
« Un blocus total » ?
Odein Ajumogobia a cité comme exemple d’usage de la force « un blocus total afin de mettre en oeuvre et de donner leur plein effet aux sanctions imposées par l’Union européenne et d’autres membres de la communauté internationale, et qui ont reçu le soutien de la CEDEAO ».
Ce sera aux chefs militaires de décider de l’action la plus appropriée, a cependant souligné le chef de la diplomatie nigériane, pour qui il reviendra de toute façon au Conseil de sécurité de l’ONU de se prononcer, comme pour toute opération de maintien de la paix.
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