
Octobre 2000, après avoir organisé des élections à sa mesure (en excluant du scrutin Henri Konan Bédié, Alassane Dramane Ouattara, pour ne citer que ceux-ci), le Général R. Guei se fait proclamer vainqueur des élections au détriment de celui, qui était son complice dans cette mascarade à savoir Laurent Gbagbo. Grâce à la fameuse communauté internationale et surtout à la France que Mr Laurent Gbagbo à finit par accéder à la magistrature suprême de son pays. A cette époque, les thuriféraires du Général se répandaient eux aussi dans la presse locale pour vilipender les ingérences extérieures, en invoquant la souveraineté nationale.
Dix ans plus tard, celui qui avait acclamé et surtout appeler la communauté internationale à l’aide et qui s’était réjoui du soutien ferme de la France, nous rejoue le remake du mauvais film 2000 dont il était l’acteur secondaire, en jouant cette fois, le rôle du bourreau.
Mal élu hier et battu aujourd’hui, il veut vaille que vaille conserver le pouvoir. Pour se faire, il enfourche avec ses camarades les vieilles rengaines du complot international, de la souveraineté nationale bafouée.
Qu’on ne si trompe pas, ce qui est en danger aujourd’hui en Côte d’Ivoire ce n’est pas la souveraineté nationale mais la Nation elle-même.
Qui, sur cette planète n’a-t-il pas vu, cette image surréaliste où un représentant de la LMP au sein de la CEI, empêchait physiquement, le porte-parole de cette institution de proclamer des résultats partiels
? Qui, n’a pas vu ou entendu le président du Conseil Constitutionnel, proclamé haut la nullité des résultats donnés par la CEI, qui n’a pas vu ou entendu le même Président du conseil constitutionnel, le lendemain proclamé la victoire de Laurent Gbagbo, au mépris de l’institution qu’il dirige et de la volonté du peuple ivoirien ?
A partir de cet instant, qui d’entre nous ne sais pas sentit concernés par la situation en Côte d’Ivoire ? Qui, n’a pas compris que la Nation ivoirienne, venait d’être mise en équation, et en danger. Ils ont changé les lois de la république dans le seul but de sauvegarder leurs prébendes.
Et surpris flagrant délit, de destruction de Nation, ils tentent de nous divertir en poussant des cris d’orfraies et en psalmodiant souveraineté, souveraineté.
Que pèse la souveraineté nationale si tant est qu’elle ait été violée dans une balance face à l’unité de la Nation ? Si la défense de la souveraineté, vaut une mobilisation générale, celle de la Nation vaut une guerre.
En quoi la souveraineté de la Côte d’Ivoire est-elle violée ou en danger ?
- N’es ce pas, Laurent Gbagbo qui a signé de pleins grés les accords qui ont amenés l’ONUCI, non pas à s’immiscer dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire, mais à jouer le rôle que les accords de Pretoria et de Ouagadougou lui ont imparti à savoir en être le maître.
- Es ce Alassane Dramane Ouattara et ou les FN qui ont fait appel à cette communauté internationale ? Ou
l’ensemble des acteurs de cette crise Laurent Gbagbo en premier ?
- Après avoir accepté la certification des élections par L’ONUCI tant dans le principe, que dans la pratique, (les résultats du premier tour), voilà qu’il décide parce que les résultats du second tour ne lui sont pas favorable de faire fi des accords qu’il a signé, et de mettre par la même occasion la Nation en péril.
Remettre en cause ce qui hier a permis de sauver la Nation c’est prendre le risque de réveiller les vieux démons, ceux de la xénophobie, de la division, de la partition du pays.
Vouloir, nous ramener à des combats aussi démagogiques, est comme vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes, oser la comparaison avec Patrice Lumumba, est insulte pour ce grand homme et une injure pour notre intelligence.
En instrumentalisant l’armée, la police, la gendarmerie a son profit exclusif, avec comme résultats, des centaines d’assassinats, d’enlèvements, Mr Laurent Gbagbo, a pris le risque de mettre en équation l’existence même de la Nation ivoirienne.
Cela n’est pas surprenant, au regard de ce dont il été capable de faire hier, (les charniers de Yopougon Bangolo, Man).
Oui la LMP, dans sa volonté de se maintenir coûte que coûte au pouvoir, met en péril l’existence de la Nation Ivoirienne.
Oui la LMP, en tentant d’opposer le Nord au Sud, l’Est à l’Ouest, les Dioulas, aux bétés, les Baoulés aux Yacouba,les Krou aux Senoufo, etc… sapent les fondements du
pays.
Des Bétés ils n’en ont cure, des Baoulés ils n’en ont cure, des Dioulas ils n’en ont cure, des Yacoubas ils n’en ont cure, des ivoiriens ils n’en ont cure, de la Côte d’Ivoire elle-même ils n’en n’ont cure.
Et si pour se maintenir au pouvoir ils doivent marcher sur des milliers de cadavres qu’ils soient du Sud, du Nord, de l’Ouest, du Centre, ils le feront et sans états d’âme.
A voir la tentative de la LMP et les mercenaires étrangers qui la soutienne, qu’ils soient avocats, communicants, lobbyistes, ou chiens de guerre, on se rend compte à quel point, la pire des malédictions qui puisse arriver à un peuple, c’est d’avoir à sa tête des gens qui n’ont aucune ambition pour leur pays ou pour leurs concitoyens.
En 1981, lorsque François Mitterrand depuis Cancun au Mexique a prononcé son fameux discours dans lequel, il disait « Salut aux humiliés, aux émigrés, aux exilés sur leur propre terre qui veulent vivre et vivre libres, Salut à celles et à ceux qu'on bâillonne, qu'on persécute ou qu'on torture, qui veulent vivre et vivre libres » . Pendant quelques, nous avons perdu nos repères, nous qui avons été élevés et nourris au combat anti-colonialiste, à la lutte contre le néo-colonialisme, à l’anti-impérialisme.
Mais très vite, nous avons compris que notre combat devrait être d’abord celui de la démocratie, que ce combat devait être global, exigeant et surtout intransigeant.
Qu’il ne devait souffrir d’aucune exception, et ne devait faire
l’objet d’aucun compromis. Vingt un ans plus tard, voir et entendre, des intellectuels africains tenir le discours de la souveraineté, pour tenter de justifier ou d’expliquer un hold up électoral, est pathétique.
Il ne nous ait pas demandé d’aimer ou de ne pas aimer ADO, d’aimer ou ne pas aimer Laurent Gbagbo, mais de dire ce qu’est la vérité.
Oui Laurent Gbagbo et ses amis de la LMP, ont travesties les lois du pays en leur faveur, et partant de là et comme l’a dit le penseur « Lorsque la loi devient celle de la jungle, c’est un honneur que d’être un hors la loi »
Oui, nous sommes tous en rébellion contre ceux qui mettent en danger la Nation ivoirienne celle bâtie par Houphouët Boigny et ses compagnons.
Que faut-il faire, maintenant ? Attendre que le soit disant panel finisse par distiller le venin du doute dans la tête des esprits faibles ? Attendre que des milliers d’ivoiriens soient victimes des chiens de guerre engagés à cet effet ? Attendre que le socle sur lequel repose la Nation soit fissuré ?
Nous pensons que non, la solution doit être trouvée de toute urgence, car de plus en plus la fracture entre les communautés se fait sentir, de plus en plus d’ivoiriennes et d’ivoiriens de Burkinabés, de Maliens, de Sénégalais perdent la vie.
Il y a urgence car demain, la vie ensemble risque d’être difficile voire impossible si nous y prenons garde.
Il faut que la LMP, ou du moins sa frange fasciste soit mise hors d’état de nuire et
poursuivis.
A vous qui êtes bloqués dans l’hôtel du Golf, tenez bon, le meilleure de la Côte d’Ivoire est avec vous, le meilleur l’Afrique est avec vous, le meilleur du Monde est avec vous.
A vous les FDS, qui êtes-vous ? Les soldats d’un tyran ? Des chiens de guerre ? Il est temps qu’enfin, vous preniez conscience du risque que vous faites courir à l’existence de la Nation de vos ancêtres.
A vous les chefs d’Etat du panel, chargés par UA, de trouver une solution à cette crise sachez que nous vous regardons, que l’Afrique vous regarde, que le Monde vous observe. Vous avez la possibilité de poser un acte qui rentrera dans l’histoire ou de poser un acte qui lui fera injure.
C’est à vous de choisir de dire la vérité basée sur les faits et rien que les faits, ou de tronquer les faits et de rentrer dans l’histoire par une porte dérobée.
Tidiani Kouyaté
Juriste
Autre presse