Politique | Posté le 25-03-2011
 
La CEDEAO ne démord pas dans son plan d’attaque des institutions ivoiriennes pour imposer Ouattara. En effet, malgré l’opposition de la justice Ouest-Africaine, le Nigeria, le Sénégal et le Burkina, notamment, poursuivent leur macabre démarche. La réunion qui s’est achevée hier, vise à mettre au point une nouvelle tactique. «Je n`ai aucun doute que nous ayons la volonté, l`engagement et la détermi ... Lisez la suite
La nouvelle stratégie de la CEDEAO
La CEDEAO ne démord pas dans son plan d’attaque des institutions ivoiriennes pour imposer Ouattara. En effet, malgré l’opposition de la justice Ouest-Africaine, le Nigeria, le Sénégal et le Burkina, notamment, poursuivent leur macabre démarche. La réunion qui s’est achevée hier, vise à mettre au point une nouvelle tactique. «Je n`ai aucun doute que nous ayons la volonté, l`engagement et la détermination collective pour mettre un terme à la triste crise en Côte d`Ivoire », a annoncé d’entrée Jonathan Goodluck, le président en exercice de la CEDEAO. In fine, il s’agit de fournir le prétexte à la France, via l’ONU pour lancer en sous-main, une offensive à Abidjan.



«Je pense que nous pouvons adopter une résolution pour demander à l`ONU de prendre des mesures un peu plus sérieuses concernant la situation en Côte d`Ivoire », a précisé le Président nigérian à ses homologues lors de l’ouverture des débats. Depuis la mi-février, lorsque la rébellion a rouvert les hostilités, les communicants pro-Ouattara ont mis les bouchées doubles, pressant la CEDEAO de décider d’une intervention armée en Côte d’ivoire. Ce mercredi, en prélude à la rencontre présidentielle d’Abuja, c’est la sortie fort médiatisée d’une pseudo-ONG qui a servi de moyen de pression à la nouvelle manœuvre. Selon l'International Crisis Group : ‘’la guerre civile a déjà commencé en Côte d'Ivoire’’.



Alors que les chefs d'État de la CEDEAO se réunissent à Abuja
mercredi et jeudi, le terrain semble balisé pour donner des raisons à la CEDEAO en affirmant que la Côte d'Ivoire ne serait plus au bord de la guerre civile mais, que cette dernière aurait déjà commencé. Si le constat de l'International Crisis Group (ICG) est amer, il est cependant repris par d’autres structures qui n’entendent pas le contester. En effet, « les camps du président sortant Laurent Gbagbo et du président élu Alassane Ouattara sont en confrontation ouverte depuis plusieurs semaines, non seulement dans l'Ouest de la Côte d'ivoire mais aussi en plein cœur de la capitale économique Abidjan », lit-on sur le site de Jeune Afrique.



De grandes manœuvres

C’est lâché : la dernière trouvaille des stratèges de l’Elysée et leurs complices à l’organisation sous-régionale, est d’abord de monter en épingle une guerre généralisée afin d’ainsi justifier devant l’opinion, une éventuelle intervention-attaque des troupes Ouest-Africaines à Abidjan. ‘’JA’’ qui joue sa partition dans cette communication de guerre, soutient que selon l’ONG des droits de l’homme qui reste pro-Ouattara, les chefs d’Etat doivent enfin se décider à installer de force le chef de la rébellion au Palais présidentielle. « Dans ces conditions, l'ICG estime que les chefs d'État de la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui se sont réunis en sommet mercredi et jeudi à Abuja, doivent décider de la création d'une mission militaire pour
protéger les civils en Côte d'Ivoire. », indique le site internet de l’hebdomadaire.



Cela dit, des obstacles majeurs se dressent sur le chemin des partisans du déploiement des troupes étrangères en Côte d’Ivoire car, outre la décision des juges de la CEDEAO qui rappelle qu’une telle option est illégale, le dossier ivoirien est à présent entre les mains de l’Union Africaine. Toute chose qui ne plait pas du tout aux partisans de la violence « Mais trois mois après que la CEDEAO a menacé d'employer la force légitime contre Gbagbo, le dossier échappe à l'organisation régionale », se désole le confrère.

Complicité des medias

C’est pour convaincre le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, que Goodluck, Wade et Compaoré ont invité l’organisation continentale à Abuja. Ici, il s’agit pour les parrains régionaux de la rébellion ivoirienne, de mettre en avant l’alibi d’un pays en pleine guerre civile. « Protéger les civiles » comme le demande sournoisement Alassane Ouattara, est l’argument béton des obligés de Nicolas Sarkozy. Un récent communiqué laconique de Youg Ji Choi, accusant l’armée de procéder à la récupération de ses hélicos de combat, procède de ce même objectif :



présenter Gbagbo et ses partisans comme ceux qui massacrent alors qu’il est de notoriété que les insurgés de Ouattara procèdent en ce moment même à une épuration ethnique à Abidjan et à l’ouest. « Récemment, la mission a
observé que le camp du Président Gbagbo réparait un hélicoptère armé MI-24 sur l'aile militaire de l'aéroport d'Abidjan, et qu'il apprêtait des BM-21 lance-roquettes multiples à Abidjan », accuse la mission onusienne, sans en attester la véracité. Pour relayer cette conspiration, les médias français sont mis à rude contribution se chargeant d’imputer des crimes à Laurent Gbagbo et son pouvoir.



C’est donc pour mettre le holà que ce mardi, le gouvernement est monté au créneau par la voix de Ahoua Don Mello, le porte-parole de l’équipe d’Aké M’Gbo qui a mis en garde ces medias. Eux qui, dénonce-t-il, « adoptent en revanche un mutisme injustifié lorsque des crimes d`une atrocité révoltante sont commis par les rebelles. » Le Ministre des Infrastructures a poursuivi, relevant « des exactions et des tueries commises par les rebelles dans l`ouest du pays, qui ne sont pas loin de constituer, sinon un génocide, à tout le moins des actes y afférents », sous le silence



coupable et complice des journalistes étrangers. «Les médias occidentaux agitent le spectre des poursuites internationales en diffusant en boucle des informations sur des charniers inexistants, des attaques imaginaires et des prétendus génocides », a encore fustigé Don Mello, qui ne s’arrête pas là : « ils contribuent ainsi corrélativement à assurer l`impunité aux rebelles et à leurs complices, qui s`adonnent en toute quiétude à la perpétration des crimes contre
l`humanité. »



Aussi, « le gouvernement de Côte d`Ivoire appelle les médias internationaux à prendre les précautions élémentaires pour vérifier la matérialité des faits avant de les diffuser et à faire preuve de professionnalisme, c`est-à-dire d`objectivité et d`impartialité, pour ne point se rendre complices des terroristes, comme le sont déjà les forces onusiennes et les forces (françaises) Licorne, au risque de devoir les considérer désormais comme le prolongement médiatique du terrorisme ambiant », a-t-il finit de dire. Maintenant, il y a à se demander si ces opportunes remarques vont freiner ces médias tant adoubés, mais rien n’est moins sûr.

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