
L’annonce de l’arrestation de Laurent Gbagbo a été accueillie avec un ouf de soulagement dans le camp Ouattara. Cependant, ses partisans, mis à part ceux réunis au golf hôtel, se sont abstenus de manifester leur joie dans les rues comme ce fut le cas en 99 lors de la chute de Henri Konan Bédié.
La page Laurent Gbagbo est définitivement tournée ce lundi en début d’après midi de ce lundi. Il aura résisté environ cinq mois avant que ne survienne son arrestation dans le bunker de la résidence présidentielle où il était retranché ces dernières heures.
L’arrestation de Laurent Gbagbo n’a pas été célébrée par les partisans de Ouattara qui attendaient avec impatience ce moment. Ils ne seraient pas sortir de peur de tomber sur les miliciens proches de Gbagbo qui ont encore sous leur contrôle des quartiers d’Abidjan. C’est donc dans une indifférence totale que les militants du Rhdp ont manifesté leur joie dans les quartiers où ils sont majoritaires. C’est d’ailleurs le constat fait à Koumassi, à Marcory, à Treichville etc. où selon des habitants, les partisans de Ouattara ne sont pas tombés dans l’euphorie occupant les artères des communes suscitées. L’on aurait plutôt entendu des rafales de kalash dans ces agglomérations, œuvre des éléments du commando invisible.
En revanche, les informations qui proviennent d’Abobo et d’Adjamé, font état de ce que les partisans de Ouattara n’auraient pas boudé leur plaisir. Ils auraient extériorisé leur joie
dès l’annonce de l’arrestation de Gbagbo envahissant des rues de certains quartiers. «L’ambiance que nous avons vécu était hystérique, témoigne un habitant d’Abobo.» Par ailleurs, Laurent Gbagbo a accédé au pouvoir depuis 2000 jusqu'à ce qu’intervienne ce lundi son arrestation par la coalition internationale.
Plane par ailleurs ce soir une forte paranoïa, celle de la peur d'être victime des ratissages annoncés par le camp Ouattara et autres règlements de compte arbitraires. Des listes circuleraient, des délations tout azimut s'opéreraient actuellement. Les sympathisants du président sortant, émus constatent ce qui ressemble fort pour ces derniers selon nos observations, à une humiliation. Un grand nombre de ces derniers craignent, au delà de leur sécurité, ouvertement l'installation d'une discrimination ethnique et clanique par la préférence "nordiste" qu'installerait l'ère Ouattara.
Les images et les conditions de l'arrestation ayant été très mal perçues dans un camp qui représente près de 50% de l'électorat aux dernières élections et risquerait peut être d'être une nouvelle épine pour l'avenir.
Si l'ère Gbagbo semble fini, celle de l'anarchie et de l'insécurité semble être pour l'heure encore bel et bien d'actualité.
Par ailleurs, nous apprenons que Laurent Gbagbo, désormais protégé par l'onuci, a appelé ce lundi soir via le média Tci (pro Ouattara) ses partisans à cesser la résistance , appelant à l'arrêt des
hostilités.
un habitant de Treichville joint par téléphone dit que dans son quartier, la joie a été mesurée et que lui-même n’a pas particulièrement fêté la capture « Il y a eu trop de morts, explique-t-il, je me dis qu’on aurait pu éviter toute cette histoire si Gbagbo avait accepté le verdict des urnes ».
Dans le quartier d’Abobo, en revanche, ou dans certaines parties de Koumassi, on a pu assister à de véritables manifestations de liesse. Selon un témoin à Abobo, il y a eu des cris de joie, les Forces républicaines ont tiré en l’air, et certains habitants ont dansé jusque dans la soirée.
Autre Presse