
Qui en Afrique francophone n’a pas entendu parler de la rue Princesse? En Côte d’Ivoire, on dit souvent à l’étranger de passage qu’il ne connaîtra pas vraiment Abidjan s’il n’a pas goûté l’ambiance déjantée de ce rendez-vous des fêtards.
Il faut dire que le lieu était impressionnant. Sur deux kilomètres se succédaient des boîtes de nuit et des maquis, ces restaurants typiquement ivoiriens. Sur des terrasses géantes, chaque échoppe avait sa sono tonitruante, hurlant les derniers tubes de « coupé décalé » ou de « zouglou », tandis que les « dj » rivalisaient d'adresse au micro.
Dans cette incroyable et joyeuse cacophonie, des milliers de personnes venaient chaque semaine y boire et danser. Sur les tables, les bouteilles de bière de 50 cl, s’accumulaient par dizaines et il n’était pas rare de voir des clients se lever pour se trémousser.
C’était aussi un lieu de mélange social, où les jeunes des quartiers populaires pouvaient côtoyer des Ivoiriens plus aisés venus s’encanailler. On se rappelle que l’ancien président, Laurent Gbagbo, y avait amené son « camarade » socialiste Jack Lang, en 2008. Mais beaucoup d’autres personnalités, comme le footballeur ivoirien Didier Drogba, faisaient partie des habitués. La rue Princesse, où une multitude d'artistes se produisaient dans les cabarets, était aussi le rendez-vous incontournable de la culture populaire urbaine ivoirienne.
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