
Après la vague de licenciements du millier d’agents, la direction générale s’apprête à mettre à la rue 300 autres agents de la Sotra. Avec des mesures d’accompagnements qui frisent le dédain et l’injure ! Le régime Ouattara continue de montrer son véritable visage, à travers ses personnes-satellites parachutées à la tête des administrations et/ou sociétés publiques. A la place des centaines de milliers d’emplois prévus par an, ce sont des licenciements massifs en cascade, doublée d’une politique intensive de «rattrapage» ethnique. Le directeur général par intérim de la Sotra, Méité Bouaké, s’est inscrit résolument dans cette voie. A peine deux semaines après avoir mis à la touche plus d’un millier d’agents, Méité Bouaké est sur le point de récidiver. Le dossier est très avancé, à en croire notre source. Cette fois, ce sont 300 personnes, toutes catégories, qui sont visées par ce dégraissage acte 2. Alors que toutes ces mesures, jusque-là n’ont eu aucune incidence positive sur l’entreprise. Déjà, le ton a été donné, avec le licenciement de deux «chauffeurs-plantons», dont celui de l’assistante du Dg, hier mardi 21 février.
Des agents condamnés à survivre avec 15 200 Fcfa par mois
Ce qui est plus surprenant et frustrant à la fois, c’est que le DG par intérim n’avait prévu aucune mesure d’accompagnement, en ce qui concerne exclusivement le volet salaire, dans sa décision de mise en chômage technique de plus d’un millier d’agents de l’entreprise. Comme
l’atteste le communiqué de presse n° 03/CECOM/12, dans lequel il n’est nullement fait mention de «mesures salariales» d’accompagnement. Seules les prises en charge médicales ont été évoquées. C’est au cours de la réunion d’information que le Dg intérimaire a eu avec l’ensemble des syndicats qu’il a été interpellé sur la question. Suite donc à cette interpellation, Méité Bouaké «invente» une situation pour accompagner pécuniairement les agents mis en chômage technique. Il décide donc de prélever 10% sur les salaires des cadres, 7% sur ceux des techniciens supérieurs et 5% sur les salaires des agents de maitrise (les machinistes et agents de bureau), afin de constituer une cagnotte dans laquelle il versera des ristournes aux agents mis en chômage technique pour deux mois renouvelables. Ces derniers ne vont toucher que, tenez-vous bien, 10% de leurs salaires. En clair, un machiniste (conducteur de bus) avec pour salaire de base 152 000 Fcfa, ne va percevoir pendant ces 2 à 4 mois de chômage technique (en réalité un licenciement) que 15 200 Fcfa par mois. Comment subvenir aux besoins élémentaires de sa famille avec 15 200 Fcfa, c’est malheureusement le calvaire que vivent des centaines d’agents virés, pères de familles nombreuses.
Le mécontentement du ministre des Transports
Au lendemain de la mesure très controversée du Dg intérimaire de la Sotra, lundi 6 février dernier, une réunion de crise s’est tenue au cabinet du ministre des Transports, Gaoussou
Touré, en présence de toutes les structures sous tutelle du ministère. Au cours de cette réunion entre le cabinet, la Sotra et toutes les structures du ministère des Transports, le ministre Gaoussou Touré s’est insurgé contre cette mesure de licenciement avéré de plus d’un millier d’agents. «Moi, je ne te comprends pas. Celui qu’on suit (Alassane Ouattara, ndlr), dit qu’il est venu pour mettre les Ivoiriens au travail. Et toi, tu les licencies», s’est plaint, à en croire notre source, le ministre des Transports auprès du Dg intérimaire de la Sotra. Qui, voulant se défendre, a rétorqué n’avoir licencié personne. Selon lui, c’est la situation économique qui a motivé sa décision. Le directeur de cabinet du ministre s’adressant à Méité Bouaké, lui a demandé si au terme des deux mois de chômage technique, il allait reprendre les agents. Ce à quoi le Dg intérimaire de la Sotra a clairement fait savoir qu’il n’a pas l’intention de les reprendre, mais plutôt proroger de deux autres mois. Tout en arguant que rien ne dit qu’à l’issue des 4 mois, il puisse reprendre des agents. Son vœu selon lui serait que les agents qui ne sont pas d’accord avec sa mesure puisse démissionner d’eux-mêmes, parce qu’il n’a nullement l’intention de les reprendre. Voilà qui est clair. Le ministre des Transports qui visiblement a exprimé son mécontentement face à la mesure de licenciement massif d’agents à la Sotra, va-t-il réagir ? Wait and see !
Gérard Koné
le nouveau courier